Depuis le 1er juin 2026, le SMIC a augmenté de 2,41 %. Conséquence directe en pharmacie d’officine : les premiers échelons de la grille conventionnelle sont rattrapés par le minimum légal. Pour le titulaire, cela signifie des bulletins à vérifier dès la paie de juin, et une négociation de branche à suivre de près sur les salaires.
Le SMIC au 1er juin 2026
Le SMIC a été revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026, portant le salaire minimum à 1 867,02 € brut mensuel (soit 12,31 € brut de l’heure, pour 35 heures par semaine). Cette hausse automatique, déclenchée par l’inflation, représente près de 44 € brut de plus par mois.
Pourquoi le bas de la grille est « rattrapé »
La grille de la convention collective de la pharmacie d’officine repose sur un point conventionnel multiplié par le coefficient attribué à chaque échelon. Quand le SMIC monte plus vite que le point, les premiers échelons passent sous le minimum légal, et c’est alors le SMIC qui s’applique.
Au 1er juin 2026, 10 coefficients (100 à 160) sont alignés sur le SMIC. Le point conventionnel, lui, n’a pas bougé : il reste à 5,278 € (sa dernière revalorisation, +1,2 % au printemps 2026, a été immédiatement absorbée par la hausse du SMIC). Résultat : pour ces échelons, l’écart de rémunération entre un débutant et un salarié plus expérimenté s’écrase, un vrai sujet d’attractivité et de fidélisation.
Ce que le titulaire doit vérifier sur la paie
Action concrète dès la paie de juin :
- Pour tout salarié au coefficient compris entre 100 et 160, le salaire brut doit être au moins égal au SMIC, soit 1 867,02 €, quelle que soit la valeur théorique de la grille.
- Contrôlez vos bulletins de paie : un échelon laissé à la valeur « grille » se retrouverait sous le minimum légal, donc non conforme.
- Anticipez : une nouvelle hausse du SMIC est attendue en janvier 2027, qui rattraperait d’autres coefficients.
Plutôt que de croiser la grille et le SMIC à la main, notre simulateur de la grille des salaires place chaque coefficient à jour en un coup d’œil.
CPPNI du 6 juillet : négociations sans accord
Face à ce tassement, une Commission paritaire (CPPNI) extraordinaire s’est réunie le 6 juillet 2026 pour négocier une revalorisation du point conventionnel, à la demande de Force Ouvrière, sans attendre la CPPNI de septembre (une nouvelle hausse du SMIC se profilant en janvier 2027, et l’arrêté d’extension d’un accord prenant plusieurs mois).
La réunion s’est soldée par un échec. Selon un communiqué de la FO du 7 juillet 2026, les propositions patronales, 0,5 % pour la FSPF et 0 % pour l’USPO, ont été jugées insuffisantes par les organisations de salariés, qui estiment qu’elles ne reconnaissent pas l’évolution des compétences et des responsabilités confiées aux équipes officinales.
Concrètement pour le titulaire : le point conventionnel reste à 5,278 € et les coefficients 100 à 160 restent alignés sur le SMIC. Le tassement du bas de grille n’est donc pas corrigé, et la question est renvoyée à une prochaine réunion de branche. À noter : même en cas de revalorisation du point, seuls les coefficients supérieurs (≥ 170) en bénéficieraient, les échelons 100 à 160 restant au SMIC tant que le point ne dépasse pas leur seuil.
Ce qu’il faut retenir
- SMIC +2,41 % au 1er juin 2026 → 1 867,02 € brut mensuel.
- 10 coefficients (100 à 160) rattrapés : ces échelons sont désormais payés au SMIC.
- Point conventionnel inchangé (5,278 €) → écart de rémunération en bas de grille écrasé.
- À vérifier : les bulletins de juin pour tout coefficient entre 100 et 160.
- CPPNI du 6 juillet : aucun accord (selon la FO, propositions patronales de 0,5 % FSPF et 0 % USPO) → point maintenu à 5,278 €, bas de grille toujours au SMIC.
Dans un secteur déjà sous tension sur le recrutement, le tassement du bas de grille est un point de vigilance RH autant qu’un sujet de conformité paie.
