Quand un titulaire s’absente, congés, formation, maladie, il peut se faire remplacer à la tête de son officine. Mais derrière le mot remplaçant se cachent deux statuts très différents, et le choix change tout : pour le remplaçant, mais aussi pour le porte-monnaie et l’administratif du titulaire. Salarié ou libéral, voici comment s’y retrouver.
Qui peut remplacer le titulaire
Le remplaçant d’un titulaire doit être un pharmacien inscrit à l’Ordre (ou ayant sollicité son inscription), sans autre activité professionnelle pendant la durée du remplacement. Selon la durée, le cercle s’élargit ou se resserre :
- un pharmacien adjoint de l’officine peut remplacer le titulaire, sous conditions ;
- un étudiant en pharmacie ayant validé sa 5e année et son stage de six mois peut remplacer, s’il détient le certificat de remplacement, pour les durées courtes ;
- pour les remplacements longs, le remplaçant doit être un pharmacien inscrit à la section compétente de l’Ordre.
La durée d’un remplacement ne peut pas dépasser un an, renouvelable une fois sur décision de l’ARS en cas de justification médicale. Et chaque remplacement se déclare : une déclaration contresignée par le remplaçant, adressée en recommandé au conseil régional de l’Ordre et à l’ARS.
La déclaration du remplacement (Ordre et ARS)
Un remplacement ne s’improvise pas côté administratif. Le remplaçant établit une déclaration de remplacement, contresignée, adressée en recommandé au conseil régional de l’Ordre des pharmaciens et à l’ARS. La durée d’un remplacement ne peut pas dépasser un an, renouvelable une fois sur décision de l’ARS en cas de justification médicale. Et si le remplaçant est un étudiant en pharmacie, il ne peut intervenir que s’il détient le certificat de remplacement (cinquième année validée et stage de six mois accompli). Mieux vaut cadrer ces formalités avant l’absence, pas pendant.
Le remplaçant salarié
Premier statut : le remplaçant est salarié, embauché en CDD le temps de l’absence. Sa rémunération suit la grille conventionnelle, avec des compléments propres au remplacement du titulaire :
- le salaire de base au coefficient correspondant ;
- une prime de remplacement prévue par la convention, d’au moins 5 points conventionnels par jour calendaire de remplacement ;
- la prime de précarité (10 %) et l’indemnité de congés payés (10 %), comme pour tout CDD.
À noter : un adjoint qui remplace le titulaire ne perçoit la prime de remplacement qu’à partir du 15e jour d’absence. Le détail du calcul figure dans notre article sur le coût d’un remplaçant.
Le remplaçant libéral
Second statut : le remplaçant exerce en libéral, comme travailleur indépendant. Il ne touche pas de salaire : il facture ses honoraires au titulaire, sur la base d’un contrat de remplacement et d’une facture. Il exerce le plus souvent sous le régime de la micro-entreprise (BNC), et cotise pour sa protection sociale auprès de l’URSSAF et, pour la retraite, de la CAVP (la caisse des pharmaciens).
Pour le titulaire, ce statut change la donne administrative : pas de charges patronales, pas de déclaration préalable à l’embauche, pas de mutuelle d’entreprise, ni de congés payés ou d’accident du travail à gérer. La relation se limite au contrat et à la facture.
Salarié ou libéral : lequel choisir
Il n’y a pas de bonne réponse universelle, cela dépend de la situation :
- le salarié offre un cadre simple et connu, mais suppose un contrat, une paie, des charges patronales et la gestion des congés et primes ;
- le libéral allège l’administratif et supprime les charges patronales, mais il faut trouver un pharmacien disponible sous ce statut et bien cadrer le contrat de remplacement.
En pratique, le statut dépend souvent de la durée et de la fréquence des remplacements, et de ce que le remplaçant lui-même propose. Beaucoup de pharmaciens remplaçants n’exercent qu’en libéral, d’autres qu’en salariat.
Les questions les plus fréquentes
« Un adjoint peut-il remplacer le titulaire ? » Oui, sous conditions, et la prime de remplacement ne lui est due qu’à partir du 15e jour d’absence.
« Combien de temps peut durer un remplacement ? » Un an au maximum, renouvelable une fois sur décision de l’ARS en cas de justification médicale.
« Le libéral coûte-t-il moins cher ? » Pas forcément en montant d’honoraires, mais il évite les charges patronales et la gestion RH. Le vrai coût se compare au cas par cas, durée comprise.
« Un préparateur peut-il remplacer le titulaire ? » Non. Seul un pharmacien inscrit à l’Ordre peut remplacer le pharmacien titulaire. Le préparateur, même expérimenté, ne peut pas assumer cette responsabilité.
Ce qu’il faut retenir
- Le titulaire peut se faire remplacer par un pharmacien inscrit à l’Ordre, un adjoint sous conditions, ou un étudiant en 5e année avec certificat.
- Durée maximale d’un remplacement : un an, renouvelable une fois ; à déclarer à l’Ordre et à l’ARS.
- Salarié : CDD au coefficient, plus prime de remplacement, précarité et congés payés.
- Libéral : facture ses honoraires, régime micro-entreprise, URSSAF et CAVP ; pas de charges patronales pour le titulaire.
- Le choix dépend de la durée, de la fréquence et du profil disponible.
Sources : Code de la santé publique (articles R5125-39 et suivants), Ordre national des pharmaciens, convention collective de la pharmacie d’officine. Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre gestionnaire de paie ou du conseil de l’Ordre.
Pour aller plus loin, voir notre dossier sur la paie en pharmacie d’officine.
Simplifiez le planning et la gestion d’équipe de votre officine avec DailEasy
DailEasy, c’est l’application de planning et RH pensée par des pharmaciens, pour les pharmacies d’officine : planning intelligent, gardes, remplacements, congés, pointage, variables automatisées pour la paie et Xana, votre assistant IA. Construite autour de notre convention collective, elle réunit tout au même endroit, et synchronisée en temps réel avec votre équipe.
👉 Essayez gratuitement ou réservez votre démo. Disponible sur l’App Store et Google Play.

Ping : Gérer les absences de dernière minute en pharmacie d'officine - Blog DailEasy