Congé de naissance en pharmacie d’officine : ce qui change en 2026

Un préparateur vous annonce une naissance pour cet été, et vous demande s’il a droit à « ce nouveau congé dont tout le monde parle ». À partir du 1er juillet 2026, la réponse est oui : le congé supplémentaire de naissance entre en vigueur. Pour le titulaire, ce n’est pas qu’une formalité de plus, c’est une absence d’un à deux mois à anticiper sur le planning, et une situation de paie nouvelle à connaître.

Voici ce qu’il faut savoir pour gérer ce nouveau congé sereinement dans votre officine, que vous soyez l’employeur ou le bénéficiaire.

Un nouveau congé, en vigueur le 1er juillet 2026

Le congé supplémentaire de naissance a été créé par l’article 99 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025‑1403 du 30 décembre 2025) et codifié, pour les salariés du privé, au Code du travail (art. L1225‑46‑2 et suivants). Cinq décrets d’application ont été publiés au Journal officiel du 31 mai 2026.

Il s’ajoute aux dispositifs existants (congé maternité, congé de paternité et d’accueil de l’enfant, congé d’adoption) : c’est un congé supplémentaire, et non un remplacement. Il est par ailleurs facultatif.

Qui est concerné dans votre officine ?

Le dispositif vise deux publics présents dans toute officine :

  • Vos salariés, préparateurs, pharmaciens adjoints, autres membres de l’équipe, au titre du décret n° 2026‑425 ;
  • Vous, titulaire, en tant que travailleur indépendant, au titre du décret n° 2026‑426, dont les modalités et démarches diffèrent de celles des salariés.

Autrement dit, ce congé concerne l’employeur et l’employé, un point utile à connaître des deux côtés du comptoir.

Durée et conditions

Élément Règle
Durée 1 ou 2 mois (fractionnable en deux périodes d’un mois)
Enfant concerné Né ou adopté à partir du 1er janvier 2026
Démarrage du congé Dans les 9 mois suivant le 1er juillet 2026
Caractère Facultatif

Le dispositif s’ouvrant aux naissances et adoptions depuis le 1er janvier 2026, il est en partie rétroactif : un salarié dont l’enfant est né au printemps 2026 peut en bénéficier dès le 1er juillet.

Le point qui change tout pour la paie

Bonne nouvelle pour votre trésorerie : le congé supplémentaire de naissance ne vous coûte rien. Il est intégralement financé par l’Assurance maladie, sans maintien de salaire à votre charge (et la convention de l’officine ne prévoit pas de complément).

Concrètement :

  • Côté employeur : la paie est suspendue pendant le congé, vous n’avez aucun complément à verser, juste à enregistrer la suspension sur le bulletin et en DSN.
  • Côté salarié : il perçoit une indemnité journalière de l’Assurance maladie, dégressive, de l’ordre de 70 % le premier mois, 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Une condition : justifier de 6 mois d’affiliation à la date du congé. Bon à savoir : ces périodes comptent pour la retraite.

Le salarié n’est donc pas « à zéro », mais sa rémunération baisse pendant le congé : un point qu’il vaut mieux clarifier avec lui en amont pour éviter les malentendus.

Comment réagir quand un salarié en fait la demande

Le congé étant à l’initiative du salarié, votre rôle est de sécuriser et organiser :

  1. Vérifiez l’éligibilité : enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026, demande dans la fenêtre des 9 mois.
  2. Calez les dates et tracez l’absence (1 ou 2 mois) dans votre planning.
  3. Organisez la continuité : remplacement, redéploiement de l’équipe, ajustement du roulement de gardes.
  4. Côté paie : suspension du salaire sur la période, pas de complément à verser, déclaration de l’absence.
  5. Gardez une trace écrite des dates convenues, comme pour tout congé long.

Et si c’est vous, titulaire, qui prenez ce congé ?

En tant que travailleur indépendant, vous êtes éligible au titre du décret n° 2026‑426. Mais votre situation diffère sur deux points :

  • L’indemnisation : les modalités et démarches des travailleurs indépendants ne sont pas celles des salariés. Renseignez-vous auprès de votre caisse pour le montant et la procédure exacts avant de poser vos dates.
  • La continuité de l’officine : c’est le vrai enjeu. Une officine ne peut pas rester ouverte sans pharmacien. Une absence d’un à deux mois suppose d’organiser un remplacement (pharmacien adjoint ou remplaçant inscrit à l’Ordre) et, selon votre mode d’exercice, d’anticiper les déclarations liées à la gérance. À préparer plusieurs semaines à l’avance.

Prendre ce congé est un droit, mais pour un titulaire, il se planifie comme une vraie période de remplacement, pas comme une simple absence.

Anticiper côté planning

Une absence d’un à deux mois, sur une équipe d’officine souvent réduite, ne s’improvise pas :

  • Attendez-vous à des demandes dès le 1er juillet, y compris pour des naissances déjà survenues depuis janvier.
  • Cartographiez la fenêtre de 9 mois : le congé peut démarrer à tout moment dans ce délai.
  • Tracez l’absence comme un congé long : début, durée, impact sur le roulement des gardes et des samedis.

C’est exactement le type d’absence longue qu’un planning d’équipe centralisé permet de visualiser et d’anticiper, sans trou de couverture réglementaire.

Articulation avec les autres congés

Le congé supplémentaire de naissance se cumule avec les congés parentaux existants : il ne réduit ni le congé maternité, ni le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, ni le congé d’adoption.

Exemple concret : une préparatrice enchaîne son congé maternité, puis pose un congé supplémentaire de naissance de deux mois dans la foulée. Pour elle, c’est du temps en plus auprès de l’enfant ; pour vous, c’est une séquence d’absences longue à anticiper d’un bloc dans la gestion des absences de l’équipe.

Ce qu’il faut retenir

  • Le congé supplémentaire de naissance entre en vigueur le 1er juillet 2026 (article 99 de la LFSS 2026).
  • Il concerne vos salariés (décret 2026‑425) et vous, titulaire (décret 2026‑426).
  • Durée 1 ou 2 mois, pour un enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026, à démarrer dans les 9 mois, dispositif facultatif.
  • Côté paie : intégralement financé par l’Assurance maladie (indemnité dégressive ~70 % puis ~60 %, sous condition de 6 mois d’affiliation), aucun maintien ni complément à la charge de l’officine.
  • L’essentiel se joue sur l’anticipation du planning, surtout si c’est le titulaire qui s’absente.

Dans un secteur sous tension, bien gérer ces absences, c’est protéger à la fois la continuité de service au comptoir et la sérénité de votre équipe.

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