Les jours fériés en pharmacie d’officine sont un sujet qui revient chaque année et qui suscite régulièrement des questions au sein des équipes. Qui décide des jours fériés chômés ? Que se passe-t-il quand un salarié travaille un jour férié ? Quelles sont les règles spécifiques au 1er Mai ? Les réponses se trouvent dans la Convention Collective Nationale de la Pharmacie d’Officine, et elles méritent d’être bien comprises par le titulaire comme par les membres de l’équipe.
Une bonne gestion des jours fériés en pharmacie d’officine évite les malentendus, sécurise la paie et garantit le respect des droits de chacun.
Qui décide des jours fériés chômés en officine ?
L’article 13 de la Convention Collective est clair : à défaut d’accord d’entreprise, c’est le pharmacien titulaire qui décide unilatéralement des jours fériés chômés. Cette décision relève de son pouvoir de direction.
Tous les jours fériés ne sont donc pas nécessairement chômés dans l’officine. Le titulaire peut choisir d’ouvrir certains jours fériés en fonction de l’activité, de la localisation de la pharmacie ou des besoins de la patientèle. Seul le 1er Mai obéit à un régime particulier, que nous détaillons plus loin dans cet article.
En pratique, il est recommandé de communiquer à l’équipe, en début d’année, la liste des jours fériés qui seront chômés et ceux qui seront travaillés. Cette transparence évite les incompréhensions et permet à chacun de s’organiser.
Jour férié chômé : quelles conséquences sur la paie ?
Lorsqu’un jour férié est chômé, la convention collective prévoit que ce chômage ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés totalisant au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Concrètement, le salarié est payé normalement, comme s’il avait travaillé.
Attention toutefois à un cas fréquent : lorsqu’un jour férié chômé tombe sur un jour habituellement non travaillé par le salarié — par exemple son jour de repos hebdomadaire — il n’y a ni indemnisation supplémentaire, ni repos compensateur. De même, la coïncidence de deux jours fériés chômés ne donne pas droit à une double compensation.
Les heures de travail perdues par suite du chômage des jours fériés ne donnent pas lieu à récupération. Le titulaire ne peut pas demander au salarié de rattraper ces heures, sauf dans le cas d’un pont tel que défini par le Code du travail.
Travailler un jour férié autre que le 1er Mai
Quand un salarié travaille à l’officine un jour férié autre que le 1er Mai, la convention collective prévoit un double avantage :
- Le salarié perçoit son salaire correspondant au travail effectué, compris le cas échéant dans son salaire mensualisé ;
- Il bénéficie en plus d’un repos compensateur de même durée, dont les modalités sont définies d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.
Ce repos compensateur s’ajoute au salaire. Il ne le remplace pas. Le salarié qui travaille 8 heures un 14 juillet a donc droit à son salaire habituel plus 8 heures de repos compensateur à prendre ultérieurement.
Ces dispositions s’appliquent indépendamment des règles relatives aux gardes. Si le jour férié travaillé coïncide avec une garde, les règles d’indemnisation de la garde s’ajoutent, comme nous le détaillons dans notre article sur la gestion des gardes en pharmacie.
Le cas particulier du 1er Mai en pharmacie
Le 1er Mai a un statut unique dans le droit du travail français. Il est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé. En pharmacie d’officine, le 1er Mai est donc chômé, sauf dans un cas précis : lorsque l’officine participe au service de garde.
Quand l’officine est de garde le 1er Mai, les salariés qui travaillent ce jour-là bénéficient du régime d’indemnisation spécifique prévu par la convention collective. Le Code du travail précise qu’un salarié travaillant le 1er Mai a droit, au minimum, à un doublement du salaire correspondant au travail accompli ce jour.
Les règles varient ensuite selon le type de garde :
Garde à volets ouverts le 1er Mai :
- Le salaire correspondant au travail effectué ;
- Une indemnité égale au montant de ce salaire (doublement) ;
- Un repos compensateur d’égale durée ;
- Les majorations de nuit le cas échéant (20 % entre 20h et 22h, 40 % entre 22h et 5h).
Garde à volets fermés le 1er Mai :
- Le salaire calculé selon le régime d’heures d’équivalence (25 % du temps passé pour les temps plein) ;
- Une indemnité égale au montant de ce salaire ;
- Un repos compensateur d’une durée égale à celle de la garde, sans application du régime d’heures d’équivalence ;
- Les majorations de nuit ne sont jamais dues en garde à volets fermés.
Astreinte le 1er Mai :
- 10 % du salaire horaire pour chaque heure d’astreinte (hors intervention) ;
- Le salaire correspondant au temps d’intervention ;
- Une indemnité égale au montant de ce salaire ;
- Un repos compensateur d’égale durée.
Pour approfondir les accords conventionnels qui encadrent ces dispositions, consultez notre article sur les accords collectifs des officines.
L’impact des jours fériés sur le planning et la paie
Les jours fériés génèrent des variables de paie spécifiques qu’il faut suivre avec précision : repos compensateurs à comptabiliser, majorations à appliquer, distinction entre les différents types de gardes. Un oubli ou une erreur dans le décompte peut se traduire par une fiche de paie incorrecte et un rattrapage coûteux.
Le planning doit intégrer les jours fériés en amont pour anticiper les besoins en effectif. Quand un jour férié est travaillé, il faut prévoir le repos compensateur qui en découle et le planifier dans les semaines suivantes. Pour en savoir plus sur l’export des variables de paie, consultez notre article sur la gestion de la paie en pharmacie.
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DailEasy, le SIRH conçu pour les pharmacies d’officine, intègre la gestion des jours fériés directement dans le planning. Les jours fériés sont paramétrables selon les choix du titulaire : chômés ou travaillés, avec ou sans garde. Les repos compensateurs générés par le travail un jour férié sont automatiquement calculés et suivis.
L’export des variables de paie distingue les heures travaillées un jour férié, les majorations applicables et les repos compensateurs dus. Le titulaire dispose d’une vision claire et fiable de l’impact des jours fériés sur la paie de chaque salarié. Plus d’informations sur daileasy.io.
En résumé, les jours fériés en pharmacie d’officine obéissent à des règles conventionnelles précises. Le titulaire décide des jours chômés, le salaire est maintenu pour les salariés ayant au moins 3 mois d’ancienneté, et le travail un jour férié ouvre droit à un repos compensateur. Le 1er Mai, seul jour férié obligatoirement chômé, fait exception avec un régime de doublement du salaire en cas de garde. En maîtrisant ces règles et en les intégrant dans le planning, le titulaire sécurise sa gestion et garantit à son équipe le respect de ses droits.
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